Paillez tout: zéro déchet vert et vacances !

Pailler c’est tapisser le jardin d’une moquette de verdure. C’est bon pour le moral, car une fois le jardin ainsi préparé, c’est le début des vacances du jardinier: zéro sarclages, cette corvée qui vous brise le dos, zéro désherbant, les mauvaises herbes sont étouffées sous le tapis vert, zéro arrosage, ça se tient frais sous la moquette. C’est bon pour la terre : ça fabrique de l’humus tout seul.

l\'usage de la débroussailleuse, pour faucher les herbes non montées en graine, donne un super paillage moins compact que la tondeuse à gazon

Moyennant juste ce geste simple: vider le bac de la tondeuse en tapis de 5 à 10 cm autour des plantes, de préférence après une petite pluie, sur le sol bien frais. Inutile de sarcler les "mauvaises herbes" déjà poussées, si vous paillez épais, elles trépasseront toutes seules. Seuls les oignons, les échalotes, les plantes à feuillage gris et les pommes de terre étouffent et pourrissent avec ce genre de moquette, car sous l’effet des averses, le gazon vire vite à la moquette dense et gris-beige, gentiment caressante sous les pieds nus du jardinier.

Variante: l’herbe fauchée à la débroussailleuse, donne un paillage moins compact, mais à condition d’agir avant montée en graine, sinon, vous ensemencez une prairie

Gazon moquette pour jardinier paresseux

Fini les voyages à la déchetterie, qui plombent la facture essence, le farniente du week-end et la facture "déchets" de la commune (les déchets verts "pèsent" environ 30% de cette grosse addition en pleine croissance). On  les troque contre le parcours pelouse/ massifs ou pelouse/potager. C’est gratuit, c’est un sport aimable et c’est bon pour la planète.

Pour le verger et la haie, le top du top c’est de déposer sur le sol des cartons d’emballage, autour des arbustes et de les tapisser de gazon fraîchement haché. Tranquilité garantie : un an. Seuls quelques opiniâtres comme le chiendent ou le chardon réussissent à percer ce couvert efficace, mais pas pour longtemps, dans le sol ameubli, ils sont faciles à arracher et si vous renouvelez l’opération l’année suivante, ce sera fini. Résultat : vous verrez vos arbustes démarrer en flèche dans cette bonne terre fraîche et meuble.

Certains petits malins en profitent pour glisser trois ou quatre pommes de terre bien poussées sous le carton. Ils récoltent en fin d’été deux ou trois kilos de pommes de terre nouvelles qui ne leur ont coûté zéro boulot !

Le gazon : paillage idéal, compost atroce

Ne vous escrimez surtout pas à essayer de faire du compost avec le gazon, c’est une corvée atroce: ça fermente, ça devient gluant et pour le compost, c’est minable. Alors que simplement répandu sur le sol, en tapis homogène, les bactéries, vers de terre et autres microorganismes se chargent de vous transformer tout ça en humus appétissant pour le printemps prochain.

Ortie et consoude, paillages stimulants

Consoude de Russie, vivace, elle donne plusieurs récoltes dans l’été.

Séchée, l’ortie cueillie maintenant, avant montée en graine (après bonjour le semis féroce!) compose un tapis homogène et léger comme du papier, très seyant pour les oignons, échalotes et autres plantes de rocaille qui n’aiment pas vivre collées serrées par un tapis étouffant. Riche en azote, en fer et en oligoéléments, c’est aussi un paillage stimulant qui booste les plantes.

Riche en potasse et en bore, la consoude convient particulièrement aux tomates, aubergines, poivrons, pommes de terre, aux fraisiers et aux fruitiers, du framboisier au pommier. Fauchée en pleine floraison, on la laisse faner une journée avant de la répandre, sinon elle risque de s’enraciner à la faveur de la fraîcheur générée par son propre paillage. La plus épatante est la consoude de Russie, qui atteint 80 cm de haut, mais à défaut les consoudes officinales blanches et mauves actuellement en fleurs dans les fossés, conviennent très bien. On peut en faire un tapis épais de 15 cm, car ses grosses tiges luxuriantes et velues tricotent un tapis grossier, d’aspect rugueux d’un gris sympa et aéré.

La fougère (aigle, à défaut, fougère mâle) a quatre avantages: elle est belle, elle sent bon, elle améliore les sols les plus ingrats, en particulier les terres acides et lourdes qu’elle allège à merveille en se décomposant, lentement, en humus noir, plein de vers de terre.

Enfin, pour Vincent Mazière, pionnier des explorateurs des plantes qui soignent les plantes, cueillie jeune, alors que ses frondes sont encore en crossettes, elle composerait des tapis qui désinguent lumas et escargots. J’avais mal compris l’enthousiasme du bonhomme pour cette beauté que j’adore aller cueillir en lisière des taillis, et badaboum, les limaçons ont dévoré toute ma provision de laitues d’hiver, paillées, erreur fatale, à la fougère rousse, celle de l’automne qui sent si bon.

Certains prétendent que simplement déposée sur la tête des choux, elle éloigne les piérides. A vérifier et à partager!

L’accessoire indispensable pour la cueillette c’est la faucille, sinon gare aux coupures cruelles sur vos petites mains, car les tiges lisses et solides de cette grande belle  plante riche en silice vous entaillent la peau .

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