Pas d’ ogm dans mon jardin!

16, avril 2008

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Maïs farine The Country Man (kokopelli), extra en tortilla

Voici donc le faucheur d’Ogm bientôt réprimé , le cultivateur en zone AOC bientôt rayés de la carte (l’amendement Chasseigne qui prévoit que les cultures OGM ne doivent pas les polluer sera vidé de son contenu au Sénat, Fillon, l’a promis, faisant fi au passage du rôle constitutionnel du Parlement!) quant au jardinier qui ne veut pas d’Ogm dans son assiette, c’est bien simple, lui personne n’y a même pensé.

Un peu plus de 7 millions de jardiniers cultivent un potager , pour une idée majeure " savoir ce que l’on mange"!

Si on croise l’option "potagiste" avec les quelque 72% de Français qui ne veulent pas d’Ogm dans leur assiette, les citoyen_jardinier qui ne veulent pas d’OGM, ça doit faire un sacré nombre.

Mais ça compte pour zéro.

Non pas que je veuille absolument moi aussi ma petite loi sur mesure pour incarcérer mon voisin agriculteur. Ce qui me dérange, c’est la tranquille atteinte à la liberté de cultiver son jardin à son idée et par là à ce vieux principe démocratique qui jusque là, protège la liberté du citoyen qui ne fait pas de mal aux autres.

Certes les amendements votés par l’Assemblée au début du mois, prévoient que les cultures OGM ne devront pas nuire à l’équilibre environnemental, ni aux zones AOC…. mais on est pas rendus au bout du processus législatif et la position de François Fillon, les déboires de Nathalie Kosciusko-Morizet laissent bien augurer de la disparition de ces précautions…formelles. Le lobbyisme intensif des partisans des OGM a fait ses preuves, on peut augurer qu’il se montrera encore performant lors du passage au Sénat qui commence ce mercredi 16 avril, lequel on l’a vu est plutôt favorable aux pro-OGM à tous crins. (voir http://www.rue89.com/2008/04/08/ogm-leurope-dit-oui-les-etats-ne-suivent-pas)

N’en déplaise aux forcenés du progrès, du profit et de ses bienfaits, l’idée que les OGM du champ de maïs voisin ne viennent gâter ce bonheur fugitif ( une semaine l’an, entre été et automne)- croquer dans un épi de maïs sucré, mûri à point dans votre potager de chef, déguster à petites bouchées une tortilla encore tiède, se saturer les papilles de cette saveur unique de la farine de maïs fraîchement écrasée, provenant de beaux plants aux grains chamarrés- des variétés transmises par des générations de cultivateurs attentifs- Non.

La contamination du maïs de jardin par un champ d’ogm n’est pas une idée farfelue, la preuve.

Une étude menée en Lot-et-Garonne durant l’été 2006 montre que le maïs voisin est contaminé, l’analyse du pollen stocké par les abeilles montre des taux de contamination autour de 40% dans la ruche située à 400 mètres et entre 40 et 50% pour celle implantée à 1200 mètres. Selon M. Péré, vice-président du Civam Agrobio 47, “cette étude confirme de manière scientifique que dans un rayon de 300 mètres, les plantes ne sont pas exemptes de contamination. Elle prouve aussi que, contrairement à ce que disent les pro-OGM, les abeilles vont bien sur les fleurs de maïs et dès lors peuvent transporter fort loin la pollution OGM” [1].

Ce que n’importe quel jardinier peut constater, c’est que le vent transporte le pollen du maïs dans un périmètre qui l’expose forcément à une pollution génétique.

L’été dernier, à l’exquis Stowell’s giant d’ Essem’bio, blanc, tendre et super sucré, j’avais ajouté un superbe maïs farine de Kokopelli, The Country gentleman, aux épis tantôt grenat, tantôt indigo tantôt gris et satinés comme des perles. Environ 20 m les séparaient. Résultat : la moitié du maïs doux s’est marié avec le rutilant maïs à tortillas, et avec le maïs agricole du champ voisin à 20 m de l’autre côté.

j’avais déjà constaté la pollution de Stowell’s par le champ voisin lorsqu’il était en année "maîs" car il présentait alors des grains jaunes, alors que les années "blé", il est tout blanc.

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Maïs Stowell’s Giant, après mariage imprévu

Zéro info

Au printemps dernier le ministère de l’agriculture s’était engagé à publier la liste des cultures OGM, ainsi qu’il en a l’obligation. Mais si vous la consultiez sur le site http://www.ogm.gouv.fr, vous ne trouviez en tout et pour tout que le nom de la commune et la superficie déclarée (sans contrainte) d’ OGM ensemencés. Pas de détails, on craint le faucheur en goguette paraît-il. Voilà pour l’info. Certes en 2008 on n’aura pas ce désagrément. Merci au Conseil d’Etat qui vient de confirmer la pertinence de la suspension de la culture du maïs Monsanto, le seul qui avait été autorisé en culture.
Mais la mésaventure de l’agriculteur bio des Deux-Sèvres qui se retrouve avec un champ contaminé alors que la culture la plus proche se trouvait à 25 km démontre combien la culture en plein air menace ceux qui font un autre choix. Il a déposé plainte, on lui souhaite bonne chance.

Zéro respect

En mai 2007, un apiculteur du Lot-et-Garonne a en effet perdu le procès qu’il intentait au nom de la préservation de son rucher bio, pour d’obscures raisons de procédure. Au même moment, le tribunal allemand d’Augsbourg condamnait , dans des circontances similaires, un transgéniculteur à détruire sa culture de maïs OGM Mon 810 ou à la castrer avant la floraison, afin de permettre aux ruches situées à 1 km de ne pas être contaminées et au miel de rester indemne de toute trace de pollution génétique. Le gouvernement allemand a aussi pris un moratoire sur la commercialisation des semences de maïs OGM MON 810 parce qu’il est légitime de penser que ce maïs est dangereux pour la santé et l’environnement (1).De son côté Greenpeace publie un nouveau rapport concluant à l’impossibilité de la cohabitation des cultures traditionnelles et OGM( http://blog.greenpeace.fr/ogm ). Et l’on passe sur l’épineux problème des effets des OGM sur la santé (voir par exemple http://www.amisdelaterre.org).

Action!

Au printemps 2007, l’association Kokopelli (http://www.kokopelli.asso.fr) a distribué des semences de maïs  traditionnels fameux aux jardiniers. L’idée était de demander l’automne venu, au ministre de l’agriculture de garantir que la récolte était indemne de toute contamination.  A ce jour, on attend toujours une réponse!

Ce sont des semences anciennes, transmises de main en main depuis des siècles, ce serait ballot de les perdre au moment où l’éloge de la biodiversité est à la mode, façon Grenelle de l’environnement.

Il n’est peut-être pas trop tard pour agir. La loi repassera devant l’Assemblée, et en première lecture on a vu que le texte était passé à une courte majorité. C’est le moment d’écrire à votre député pour lui faire savoir, que des OGM dans votre jardin, c’est NON.  La marche à suivre sur http://www.greenpeace.fr/newsletter/ogm030407/

1 étude consultable sur http://www.bio-aquitaine.com/files/DP%20Grezet%20Cavagnan.pdf d’autres infos sur les abeilles sur http://www.beekeeping.com

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