DEBUTER 1 POTAGER 2 ON PLANTE QUOI? ON DEGUSTE QUAND?

Quand mes premières tomates maison vont-elles attérir dans mon assiette? J’achète gros ou je plante petit? Patience, patience! Au jardin, « rapide » signifie 1 mois mini entre la plantation et la récolte, en général plutôt 2 mois. C’est long? Meuh non! Prenons le temps de cultiver aussi un brin de sérénité en observant la nature. Croyez-moi, ça fait du bien aussi.

BASILIC? CORIANDRE, ANETH ET PERSIL : c’est tout de suite qu’on se régale?

Si on veut, pour une fois. A condition d’acheter des bons plants au marché, et pas chez le marchand de légumes des pots blèmes car super forcés en serre. Ceux-là mourront au premier d’oubli d’arrosage. Et ils coûtent 5-6 € le plant contre 1€ celui en forme du maraîcher.  Mais c’est comme vous voulez!

La bonne idée, c’est de récolter les feuilles, puis de transplanter chaque petit plant (il y en a plusieurs dans le pot) dans un trou gros comme le poing et rempli de compost, tous les 20-30 cm. On douche à bloc (le sol doit être en bouillasse) et c’est parti pour tout l’été. Jusqu’en mai prochain pour le persil.

TOMATES  Acheter les bons plants

En ce moment, les jardineries osent proposer des plants de tomates cerise avec tomates dessus à 6-8€. Pucerons compris. Si, si! Ma copine Béa qui commence à jardiner à Boulogne (92) s’en est acheté un qui va maintenant mourir en moins de temps qu’il a fallu pour le planter.

10 mètres plus loin, le plant de tomate en forme coûte 0.30-0.50€. Voire rien du tout chez le voisin débordé avec ses 250 plants élevés maison dans un délire de curiosité.

La semaine dernière au café de la gare de Chenu (Sarthe) c’est comme ça que j’ai récupéré  Miel du Mexique, une grosse cerise d’août, une noire et une rayée dont le gars avait perdu le nom (il y avait aussi un nouveau punch rose  assez explosif au bar !) mais il a juré, ce sont des  délicieuses. Car, pas de blague, n’allez pas acheter des plants marqués F1; genre « Coeur de boeuf F1 », car ça c’est une arnaque. Entendez qualité cantine. Et on jardine pour cultiver nos papilles gastronomiques.

Petit rappel, au hit parade des tomates qui n’attrapent pas le mildiou (la calamité des étés pluvieux ) Coeur de boeuf, rose, jaune, rouge, comme il vous plaira, Black Prince et Noire de Crimée pour le noir, Green Zebra et Toujours Verte pour le vert, Kaki coing pour l’orange (ensoleillé, ailleurs je sais pas trop, mais c’est peut-être la meilleure!), Rose de Berne, Grégori Altaï et pour ceux qui craignent pas le mildiou Brandywine. Enfin  pour le rouge, Bloody Butcher, début juillet, Géante de Berao fin juillet, Coeur de boeuf et  Cornue des Andes pour le mois d’août.

Vous avez bien lu! juillet, août. De 2 mois à 3 mois entre la plantation et la récolte. C’est comme ça. Et on plante au large! 70 cm entre les plants, une grosse poignée de compost au fond de chaque trou, le piquet enfoncé dans le trou, puis la tomate plantée jusqu’au ras des premières feuilles. Là-dessus, 10 l d’eau par plant en 3 passages (si, si, c’est votre assurance vacances, car après on n’y revient qu’une fois par mois!) puis paillage au gazon vif. Combien de plants? 5 par convive.

COURGETTE tendre, ferme ou les deux?

Le bon plant a la feuille large et décidée, l’air bien dru. Ni bouton, ni fleur, c’est trop tard pour la plantation. Comptez 1 m2 par plant. Sauf avec la Longue de Nice, ferme et la Blanche de Virginie, tendre : 5 m2, « coureuses » comme on dit.

A noter: le plant ne donne pas plus vite que le semis, donc il est encore temps de semer et de s’offrir le meilleur du gourmet : Par exemple ma trouvaille 2015 la tendre et incroyablement savoureuse Romanesco de Grelin-grelinette, un as des bons légumes italiens. Ses grandes fleurs lui permettent d’être visitées par plein d’insectes si jamais les abeilles manquent, ce qui ruine souvent la récolte des variétés plus fugitives ces dernières années, et ce n’est pas fini tant que les lobbyistes des insecticides tiennent les ministres de l’agriculture, hélas. Ronde de Nice, Verte petite d’Alger sont au aussi très bonnes. On sème ou on plante au milieu d’un trou de 20 cm de côté et rempli de compost.

Chez moi, les courgettes paillées avec 10 cm de gazon ne sont arrosées qu’une fois par semaine (10l/plant). Premières récoltes: fin juin.

CONCOMBRE, parfois amer, attention

Pour l’avoir doux et croquant garanti : soit le LOng de Chine, très content palissé sur un treillis, soit le petit rond Lemon, jaune et adoré des mômes. Pour le mode d’emploi et la récolte: comme les courgettes.

HARICOTS : on sème, on ne (se) plante pas!

Oui, on les trouve en barquettes de plants partout. Mais ces gros frileux-capricieux réussissent bien mieux semés dans la terre tiède, à raison d’un grain tous les 10 cm (le haricot donne davantage semé radin que serré). Et comme ça on a l’embarras du choix des meilleurs: Pongo, Annelino di Trente (Grelin-grelinette), Talisman (Caillard), Gourmandel, Délinel (Vilmorin), voilà pour les nains prolifiques. (5 m pour 2 c’est bien, semis à renouveler tous les 3 semaines jusqu’au 14 juillet pour en récolter non stop jusqu’aux gelées).

Pour les grimpants (avec 5 m on fait des conserves!): Signorina de la campagna (Grelin-grelinette) ou  A cosses violettes (Germinance, Biau Germe). Les meilleurs.

LAITUES : on vote pour la feuille de chêne

et pour une fois, une américaine: Red Salad Bowl, mais il y a aussi Cocarde et Radichetta. (Biau Germe, Boîte à graines, Germinance). On en sème 5 m direct sans ajouter de compost, dans un sillon. On arrose bien, et c’est parti. Semis à renouveler tous les mois car ces laitues sont à récolter durant un mois  feuille à feuille.

 

 

DEBUTER UN POTAGER 1 LE TERRAIN

Pas ou peu de terre, zéro expérience, des plants partout! Par quoi commencer? Mai est LE MOIS IDEAL pour réussir un bio potager réjouissant. Et sans courbatures.

1 Peu d’espace, voire pas de terre du tout

Même sans terre, 1 m² suffit pour récolter toute la panoplie des herbes fines, de ciboulette à verveine.

-1m² c’est 3 bords de fenêtres : dans l’idéal 2 au soleil, 1 à l’ombre, car toutes les plantes n’aiment pas le soleil. Le persil et la ciboulette réussissent mieux à l’ombre par exemple.

Avec une terrasse, on peut ajouter 2 ou 3 plants de tomates (il leur faut des bacs de 30-40cm).

Si on a de la terre, apparemment pas terrible, 2 m x 50 cm de terre meuble au soleil, et 1 m x 50 cm de terre meuble à l’ombre, c’est aussi très bien pour cultiver tout ce qu’il faut pour cuisiner aromatisé maison plus quelques tomates.

Avec 5m² de terrain, on peut ajouter des haricots grimpants, dont la récolte est si importante que 10 plants suffisent à fournir en haricots verts deux convives pour 1 mois et demi, plus des salades.

Avec 10 m², l’approvisionnement en salades est possible pour toute la belle saison. Avec 20 m², on peut aussi compter sur les radis, ajouter un plant de courgette pour l’été…bref, même dans un minimum de place, on peut savourer du produit maison.

2 De la terre mais pas terrible

D’abord, c’est à vérifier ! Car, si le terrain est une pelouse, il y a des chances qu’il soit au contraire vite transformable en potager prospère. Et sans gros boulot : une couche de tontes de gazon épaisse de 10 cm suffit à faire périr de la pelouse en l’espace d’un mois. Variante plus sûre encore : tapisser le coin de pelouse alloué au potager avec du carton d’emballage (sans scotch, car c’est du plastique), recouvrir de 10 cm de gazon et un mois plus tard le sol dessous est net, 2 mois plus tard, il est net et meuble, même plus besoin de le bêcher

Si en revanche on veut jardiner dans une cour matraquée d’herbicides pendant des années, c’est plus compliqué, mais pas perdu, car voyez-vous la vie est incroyablement vivace, pleine de ressort.

Le plus souciant : le terrain-débarras, dans lequel on a bazardé un gros tas de cochonneries, visibles et invisibles. Le nettoyer ne sera pas une sinécure, car il risque d’être pollué par des effluents chimiques émis par les déchets genre batteries, frigos et autres déchets de la vie moderne. Dans ce cas-là mieux vaut jardiner en bacs, selon le mode connu sous le nom de « jardin en carré ».

3 Le jardin en carré, aubaine ou galère ?

Si le sol est suspect ou en ciment , le bac d’1 m de côté dit « jardin en carré » permet de cultiver par exemple une collection d’aromatiques, plus un plant de tomates, ou bien 2 plants de tomates et 10 haricots grimpants, 5 plants de persil, 2 de basilic, par exemple.

Les jardins en carrés sont en général des kits en bois (à choisir non traité), sans fond. Si le sol est douteux, on lui fait un fond avec du géotextile épais type Bidim, pour isoler les racines. Le jardin en carré est très sympa pour débuter en jardinage, mais, il a 3 inconvénients : 1 il faut le remplir d’un mélange 3/4 de bonne terre de jardin ¼ de terreau à renouveler chaque année ; 2 il nécessite plus d’arrosage que le jardinage en pleine terre, 3 le cadre pourrit en 3 ans. Donc démontage, voyage à la déchetterie…

4 Un plan idéal pour le potager ?

D’abord un terrain plutôt ensoleillé car sauf le persil, le cerfeuil et le céleri, tout veut du soleil. Et le calme d’un enclos.

Des allées assez larges pour circuler avec une brouette soit 80 cm de large. Des plates-bandes faciles à atteindre de part et d’autre, soit 80 cm de large (un bras de fille =40-50 cm) ; entre les plates-bandes, des sentiers de 30 cm (la longueur d’un grand pied).

Pour la longueur des plates-bandes tout dépend de ce que l’on attend du potager et du terrain disponible : 1 rang de 5 m c’est 25 laitues, récoltables sur 3 semaines, mais assez de radis, de petits pois ou de haricots à rames pour 2 convives durant un mois et demi. La suite, demain samedi 14 mai : LES LEGUMES A DEGUSTER CET ETE.

 

soirée jardiniers le 6 mai au CAFE DE LA GARE DE CHENU (72)

Cet été, on va se régaler!

Vendredi 6 mai, à partir de 19h, échange de tomates et autres délices d’été avec mode d’emploi pour un potager réjouissant, avec Patricia Beucher, l’auteur de ce blog.

Au programme: Tomates précoces (juillet)  Grégori Altaï, une grosse rose, Super Marmande, joufflue pour tomates farcies, Bloody Butcher (le boucher saignant aillailleaille) une petite écarlate sucrée comme un bonbon.

Et pour le mois d’août: Coeur de boeuf rouge et orange (les vraies, celles de Biau Germe et Germinance!) et bien d’autres choses encore.

Apportez vos bons plants!

C’est gratuit, c’est chaleureux, on peut venir avec sa guitare, son chat et bien sûr tous les copains. Et au bar,  il y a du punch extra !

La gare de Chenu se trouve entre St Germain d’Arcé et Chenu, pas loin de la route de Villiers au Bouin, sur la frontière Sarthe-Indre-et-Loire.

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BUIS, la solution Isothérapie

Une épidémie fulgurante ravage le jardin à la Française et le buis-boule mignon de balcon. Les premiers symptômes apparaissent en mars-avril avec le reveil des pyrales, bientôt rejointes par d’autres calamités en une conjuration qui décime les buis durant toute la belle saison.

En 2015 sa progression a été spectaculaire et désormais tous les buis sont menacés. Mais, à Viven, près de Pau, Jeanne Emma Graciet, créatrice d’un parc splendide teste  l’isothérapie, une formule très prometteuse.

buis hs pbeucher (1)

Buis ravagés par la conjuration de la pyrale et d’un trio            de champignons.


Il arrive que les buis réduits en fantômettes de dentelle gris cendré aient finalement assez belle allure mais en général leur propriétaire plonge dans le cafard. Surtout s’il a du goût pour la topiaire, version broderie à la française, car les solutions habituellement préconisées sont inefficaces.

chateau de viven potager mai 2012 6 mois après sa construction pbeucherViven (64450) le potager encadré de buis-fuseaux.

 

 

 

L’isothérapie, homéopathie des plantes

Pharmacienne es homéopathie, Mme Graciet a tenté un traitement homéopathique de ses premiers buis malades en 2012. Avec des résultats fort encourageants. Comme cette collectionneuse de buis, créatrice d’un Jardin remarquable cultive aussi l’amitié et le partage des savoirs, en janvier 2016,  elle a organisé une journée d’initiation à la fabrication du traitement dont  on peut constater les effet: les bordures ont toutes belle allure, même si une douzaine de papillons piégés attestent que tout danger n’est pas écarté: la pyrale est encore là.

L’isothérapie est une technique connue des biodynamistes qui la pratiquent en particulier en arboriculture, sous forme de pulvérisations de cendres des ennemis en ligne de mire. Sans publicité en général, car primo pulvériser du raton ou de la limace calcinée fait rigoler les voisins, et surtout, dans le contexte très tâtillon de l’administration française en matière de traitements non homologués par les magnats de la chimie, les professionnels qui utilisent ces techniques s’en vantent rarement, même si elles sont efficaces.

Avec les buis, l’enjeu est tel (des centaines de milliers de touristes visitent les grands jardins à la Française chaque année), que l’INRA s’intéresse à cette expérience grandeur nature.

La méthode de Jeanne Emma Graciet est plus orthodoxe, puisqu’elle se base sur la fabrication d’une teinture mère à partir des éléments végétaux malades  et- ou- parasités, broyés puis dilués dans l’alcool, selon la méthode hannemanienne, par centésimales successives dites CH.

D’après les observations en cours à Viven, il semblerait que la formule la plus efficace soit la  pulvérisation de 10% d’une combinaison  des dilutions de 6 et 9 CH dans de l’eau de pluie. Tous les 15 jours, dès l’apparition des premiers symptômes avril et jusqu’à l’arrivée des gelées. D’après les essais menés à Viven, les buis se portent mieux après 3 pulvérisations seulement, mais la prudence recommande de poursuivre la surveillance toute l’année, à la loupe, au moins une fois par mois.

On notera avec plaisir, que ce remède maison est à la portée de n’importe quel jardinier méthodique, car on peut utiliser de l’alcool pour conserver les fruits à cet usage, l’alcool à 90° non dénaturé étant quasi introuvable.

Mme Graciet envisage de nouvelles journées d’initiation à l’isothérapie. Pour y participer on peut la contacter via son site. Elle tient aussi un blog « Vigi pyrale64 » que l’on peut consulter pour bien identifier, non seulement la pyrale, mais toutes les calamités susceptibles d’endommager les buis.

Buis de bordure, attention!

Les buis de bordure, planté très serré,  surtout entourant des massifs fleuris trop arrosés à leur goût, sont les plus vulnérables. Au duo infernal papillonesque et champignonesque s’ajoutent souvent cochenilles et acariens qui pullulent dans les plants très touffus.

Il est prudent de les examiner de près une fois par semaine, avec une loupe, pour repérer les branches qui flanchent et identifier le malaise. Les douches font très bien fuir les acariens: une pulvérisation à l’eau de pluie à l’intérieur des buissons suffit souvent à les remettre en forme.

Quant aux cochenilles, elles  ne résistent pas à une cure isothérapique, bien plus efficace que le traitement au savon additionné d’alcool à brûler, trop décapant pour le buis, qui a besoin de garder un feuillage bien vernissé en ces temps où la pyrale justement le décape.

Les spécialistes s’accordent pour trouver les souches anciennes, et le buis à grosses feuilles moins sensibles  que les buis en provenance d’Italie ou de Hollande, gavés et poussés à bloc. Toutefois, on observe des buis sauvages endommagés dans le Midi et dans les Pyrénées.

Observer plutôt que paniquer

Cependant, toutes les défaillances moches ne demandent pas forcément le déclenchement d’une contre attaque d’urgence: les buis blonds cultivés en plein soleil roussissent et blanchissent régulièrement, et l’on n’y peut rien. Sauf les transplanter dans un coin plus ombragé.  En automne, car au printemps, même irrigués ils succombent souvent à la sécheresse. En outre, dès qu’ils dépassent  60 cm de diamètre, il faut une minipelle  pour les transplanter, car ils tiennent serré leurs petites racines en grosse motte super lourde, super compacte, de volume égal à leur ramure. Les buis transplantés à l’automne demandent de copieux arrosages jusqu’à l’apparition de jeunes pousses indiquant que la reprise est en route, et encore, en cas de sécheresse de plus de 15 jours à la belle saison. L’année suivant la plantation, on les laissera se débrouiller.

Symptômes et remèdes

buismalades pbeucher (4)Pour ne pas en arriver à ce stade grave, attention!

1 Le feuillage comporte des feuilles collées par une espèce de petite toile (en particulier en hiver). Si l’on ne fait rien, à partir de mars, il est décapé en surface, puis apparaissent à partir de mai une foule de chenillettes à l’intérieur du buisson.

  • La cause: la pyrale Cydalima perspectalis. Entrée par l’Alsace vers 2008, elle a envahi tout le pays en 2015.
  • Pour la répérer : entretenir en permanence, des pièges entonnoirs garnis d’une cuillerée à soupe de liquide vaisselle pour 1l d’eau. Il faut  traiter les chenilles dans la quinzaine qui suit le piégeage des papillons. Faute de quoi, la dernière génération hiberne entre deux feuilles collées-tissées. 
  • Pour soigner les buis : l’isothérapie à partir d’un broyat de feuilles attaquées, abondamment pulvérisée marche bien. Mais attention, il faut pulvériser abondamment, notamment l’intérieur des buissons où se cachent les larves, les buis doivent ruisseler.
  • La solution  couramment préconisée à base d’anti-chenilles Bacillus thuringensis a deux défauts : elle détruit toutes les chenilles, c’est à dire les larves de tous les insectes y compris donc les utiles pour le jardinier et surtout pour la biodiversité même! et de toutes façons  la variante dite «  Bt Kurstaki » préconisée est introuvable.

  • 2 Le feuillage taché de roux, puis de gris vire au beige, sans trace de morsure.

    • La cause: les champignons Cylindrocladium buxicola ou (et) Volubella buxi.
    • Pour soigner les buis : là aussi l’isothérapie donne des résultats très encourageants. La solution préconisée par la Société européenne du buis et du topiaire (EBTS) consistant à supprimer les rameaux pour éclaircir la ramure de manière à faciliter la repousse, n’est pas suffisante, il faut soigner la cause du dépérissement. On ne taillera qu’après la repousse bien avérée de rameaux bien vifs, et sans pousser la croissance en dopant les buissons avec des arrosages à l’engrais!
    • Je vous invite à visiter le parc de Viven, c’est un endroit splendide et vous pourrez constater les bons effets de la patience du jardinier, quand le coup d’oeil et la main s’accordent avec l’intelligence! Durant toute la belle saison, spectacles et concerts se déroulent dans un théatre de verdure…en buis, non loin de la roseraie et d’un potager vivrier en grande forme. 

POULES AU BOULOT

poules-au-potager09pbeucher

MISSION INSECTICIDE : dans la terre fraîchement remuée, pullulent vers blancs et chenillettes variées prêts à croquer les narcisses  plantés en frise au pied des ganivelles. Ce menu protéiné est  très bon pour doper la ponte de celles, nombreuses, qui prennent leurs vacances en hiver.Un coup de griffe rapide unifiera les trous et les bosses (les fameux « nids de poule » et le sol sera prêt pour les plantations.

L’automne est la saison de tous les projets: plantations, nouvelles clôtures, cloisons…Des projets qui tournent en corvées. Quand on a des poulettes, c’est ballot, car ces gratteuses invétérées se régalent d’une mission insecticide assortie selon le besoin d’un tempérament de tondeuse ou de remueuse de compost tout à fait bienvenu.

poulettes-fougeres-pipi+feuMISSION COMPOST Les mottes d’herbe arrachées pour ameublir le sol, sont soit empilées en tas dans un enclos installé dans le poulailler, soit mises en butte (voir posts Permaculture sans courbatures). On ouvre l’accès au tas de compost à chaque  nouvel apport. Le reste du temps le tas est couvert d’une litière épaisse (20 cm) ou d’une bâche pour éviter que les pluies ne lessivent les éléments fertilisants fabriqués par le mélange. Ainsi, le compost se trouve remué à souhait pendant que le jardinier fait autre chose.

 

MISSION TONDEUSE ET FRUITS SANS VERS En automne, les fruits véreux tombés libèrent leurs larves qui s’enfoncent dans le sol pour hiberner. C’est le moment de lâcher les poules! Un rouleau de grillage et des piquets métalliques (fer à béton de 10 mm) composent cette clôture temporaire facile à déplacer.  Les poules aiment autant l’herbe que les céréales, c’est l’herbe qui donne des jaunes d’oeufs bien colorés et délicieux. Elle compose la moitié d’une ration équilibrée et, en hiver, les insectes complètent la ration de protéines. Résultat: des poules en forme, des oeufs délicieux, et une économie substantielle: moins d’1€ par mois et par poules en céréales. Un dernier conseil: remplacez la moitié du blé par de l’avoine, à faire germer, pour doper la ponte assez faible en général jusqu’en janvier.

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PERMACULTURE SANS COURBATURES 3

butte-nov-choux-fidelkraut,L’automne est là, prélude à une longue escale du permaculteur en climat tempéré qui souvent entend bien conjuguer permaculture avec boulot minimal. Que faire pour qu’un potager en grande partie libéré de ses récoltes ne vire pas à la friche pendant l’hiver? Problème de riche? Risque normal plutôt chez un permaculteur normal, c’est à dire pailleur et composteur.

1 OCCUPER LE TERRAIN: grelinette et poulettes.

La grelinette pour ameublir une nouvelle bande de terre, vite fait, (10m²/heure en vitesse débutant) à grosses mottes pour débarrasser un terrain argileux de ses liserons, chardons et autres vivaces. Ou bien encore pour installer une pépinière garnie de toutes les plantes échangées et à échanger lors des trocs d’automne.

Comme au printemps (cf épisodes précédents), On grelinette en compagnie d’un seau pour jeter à part les racines de vivaces (liseron, chardon, ortie, oseille, chiendent…), on jette le reste en andain, le long de la bande bêchée, par exemple ici le long de la ligne de choux. Ces gros gourmands apprécient ce fertilisant naturel au moment de tourner leur pomme. Et l’hiver se chargera de transformer l’andain en pré-compost bien trempé, propice à la culture des épinards ou des pommes de terre au printemps.

grelinette+poulettepbeucherattention : je parle de la vraie grelinette, pas de ses médiocres et coûteuses imitations. Avis au Père Noël en panne d’idées pour remplir sa musette: la vraie grelinette est plus ergonomique et moins chère que les fausses.

Les poulettes en équipe avec la grelinette qui déterre vers dodus et chenillettes, une source de protéines propice pour le redémarrage de la pondeuse en congé.  partout, quelle que soit la nature du sol et le climat, pour croquer le mouron moutonnant en cet automne super doux, dopé par la politique paillages du jardinier en mode permaculture.

Les poules raffolent du mouron ou stellaire, ce qui ralentit sa progression phénoménale car il a la faculté fâcheuse de grainer non stop, fleurs et graines mélangées. Les curieux de mets sauvages peuvent le cuisiner, il n’est pas folichon, mais assez riche en vitamines. Mais attention, il s’agit bien et uniquement du mouron blanc ou stellaire. Ses cousins à fleurettes rouges et bleues sont toxiques. (Il y a des guides « fleurs sauvages » bon marché qui se trompent de photo, attention!).

Attention « les poulettes avec la grelinette », pas après: surtout si le sol est humide et un brin argileux, elles le tassent. Ou bien les poulettes à côté, sur le reste du jardin à demi-couvert des restes de paillage et de récoltes, regorgeant d’insectes et chenilles. Si l’herbe est déjà très abondante, la stellaire et la houlque laineuse moutonnant à fond, c’est signe que le sol est gorgé d’azote chose qui arrive après 5, voire a fortiori 10 ou 15 ans de paillage assidus . Il faut alors calmer le jeu. J’utilise la fougère pour cet usage. Couvrante, abondante, lente à se décomposer, elle est parfaite en éteignoir. On la saupoudrera de cendres de bois pour reconstituer les stocks de potasse et chauler un brin le sol, afin de ré équilibrer les apports verts de l’herbe et des paillages d’été, et comme ça on roule tranquille jusqu’au printemps. Faute de fougère, des feuilles mortes, de préférence tendres (noisetier, érable, frêne, tilleul…) font bien l’affaire.

ELOGE DU CHRYSANTHEME

copper,-rosetta,-marietta,- de gauche à droite: N°62, Rosetta, Clara Curtis, Copper, Rosetta, de la pépinière Delabroye, la plus belle collection française. Portes ouvertes samedi 7 novembre de 14 à 18h (on peut s’y rendre par le train).

Les chrysanthèmes sont fleurs vivaces et tenaces de vieux jardin.  On les troque à tout va en ce moment, on les achète par énormes potées à 3€, pour les lâcher au jardin, car une fois affranchis du booster nanifiant qui les rabaisse en bouquet de cimetière, ils fleurissent par brassées immenses et merveilleuses du début d’octobre aux premières gelées mordantes, dans les coloris les plus insensés embaumant le camphre.

chrys-marietta-&-emmanuelleLe chrysanthème rose vif: Emmanuelle, 1mètre cube en 3 ans. Démarrage en rose enragé, épanouissement en gros pompon à coeur doré, évanouissement en blanc frangé de rose tendre un mois et demi plus tard. Création François Guellier La Bordé, 41800 Troo. Tél.:02 54 72 51 91.

Le chrysanthème rose clair: Rosetta, 1.50 m de large, 80 cm de haut, de la pépinière Delabroye à Hantay (59). Cette pépinière en présente la plus riche collection. Portes ouvertes samedi 7 novembre l’après-midi (on peut s’y rendre par le train). Le clos d’Armoise à Theix (Morbihan), propose aussi une douzaine de variétés de chrysanthèmes de jardin.
  chrysantheme-flamme-et-fran
Flamme,une opulente création de François Guellier. Flamme fleurit de la Toussaint jusqu’aux grosses gelées.
Taille: 1 mètre cube et davantage si affinités.
passion,-création-françois-Passion, une création François Guellier. 0.80m en gros bouquet assez droit, magnifique avec les artichauts.
Floraison mi-octobre aux gelées.
Adoré des abeilles.
chrisantheme-blanc-bridal-cChrysanthème White Tower, pépinière Antoine Breuvart, Ramecourt, 62.
D’abord crème et raide, puis blanc de neige, souple et flou, fanant en rose. De la mi-octobre aux grosses gelées.
1.20m de large, 50 cm de haut.
VIVE LE CHRYSANTHEME GRATUIT!
En ce moment on trouve beaucoup de chrysanthèmes en fleur dans les trocs. La semaine dernière à Couture sur Loire (41) j’ai récupéré un pompon blanc de neige apporté par une soeur de marotte de la région de Saumur qui le tient de son papa. Sa fleur pelucheuse en petits globes parfaits évoque les anciennes encres de Chine, pays d’origine du chrysanthème.
Une autre amie de marotte des Deux-Sèvres m’a donné un trio flamboyant de chrysanthèmes récupérés dans la poubelle du cimetière l’an dernier.
Les amateurs de chrysanthèmes font tous la poubelle du cimetière dès que les gelées envoient les potées de la Toussaint à la casse. Je vous invite aussi à regarder de près les potées à 3 ou 5€ des supermarchés, il y en a de fort jolies. Car, une fois lâchés au jardin, nos chrysanthèmes s’affranchissent du booster nanifiant qui les transforme en tartes de pompons pour fleurir par brassées élancées.
ATTENTION AUX LIMACES ET A LA GROSSE SOIF EN ETE
D’après Thierry Denis, pépiniériste à Larochemillay (58), cultivateur de l’adorable et fragile Jules La Graveur, un pompon roux gros comme l’ongle et de Mei_ko, un pompon rose compact et super vivace,  il faut faire gaffe aux limaces. Elles dévorent souvent les talles entre hiver et printemps, quand le jardinier a la tête ailleurs.
On évite ce pépin en intercalant des verres de bière pleins entre les souches pour noyer les vilaines dans l’ivresse.
Autre point délicat, l’arrosage en été. Si passé un an ils se débrouillent tout seul, les gamins encore fluets veulent de l’arrosage et beaucoup, de juin à septembre. Ma solution: j’installe les divisions de souches- un seul brin raciné, ou mieux, une touffette grosse comme le poing- dans des pots en terre cuite remplis de terre allégée d’un tiers de sable et enterrés dans un coin ensoleillé du potager jusqu’à 5 cm du bord.
Pour diminuer cette grosse soif, je vous recommande de les pailler à la fougère qui est à la fois jolie et poreuse. Mais gare aux limaces, entretenez les verres de bière pleins entre les pots, car contrairement à un bobard répandu, les limaces adorent la fougère.
Passé ce stade juvénile, le chrysanthèmes sont fleurs sans histoires. En 3 ans ils deviennent souvent tellement énormes qu’on en redonne à gogo à tous les passants qui s’étonnent de tant d’opulence, c’est la raison pour laquelle on en trouve tant dans les trocs.
Ce qu’ils préfèrent, c’est la bonne terre à blé, un peu argileuse, et bien riche.  Bonne chance avec les chrysanthèmes.
La semaine prochaine: PERMACULTURE SANS COURBATURES épisode 3.
Patricia

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