Les feuilles mortes se ramassent en silence!

Chaque année en novembre, c’est le même enchantement. Le tilleul d’Italie devenu jaune radieux, lance ses grandes feuilles douces par grands tourbillons fabuleux, recouvrant tout le jardin en l’espace de quelques jours. Si le temps est au soleil, c’est une semaine entière d’euphorie. Enfin presque. Car dehors dans la rue, « Vrrroom », dès 8h, les cantonniers amorcent une course déchaînée à la feuille morte fugitive à l’aide de leurs ronflantes souffleuses à feuilles. Les mêmes, qu’on retrouve en promo dans les magasins de bricolage durant tout le mois de novembre. Vous noterez que la course est d’autant plus enragée que la feuille résiste, collée au trottoir, la souffleuse a beau rugir, ça ne décolle pas.

Car en vérité, la souffleuse à feuille n’a qu’une seule utilité: vous faire dépenser de 40 à 150 € bêtement, sur un coup de tête, du fait du terrifiant effet « superpromo ». Car s’il pleut, que dis-je, s’il bruine un brin, si la feuille, même ample et molle, est légèrement brumisée, c’est fichu pour la souffleuse. Ou alors il faut le super truc à essence, à 150€ sans compter le plein de super, et là bonjour les oreilles!

Alors qu’avec un râteau léger, en fibre de verre, la feuille morte se laisse emporter gentiment, sans embêter son jardinier. Mieux, elle l’embaume de cette ennivrante senteur d’automne qui varie d’un arbre à l’autre: ambrée pour le peuplier, fruitée chez le châtaignier, verte et légère chez le tilleul…L’esthète choisira le râteau Fiskars, aux dents étonnamment écartées, noir avec deux petites ailettes oranges en coquetterie. L’étrange râteau est fort efficace. Le jardinier très débordé par les feuilles, peut préférer la fourche à tout faire Spear& Jackson, très moche, (du plastique souple gris), une drôle de forme de pelle à neige, version claire-voie, mais côté ergonomie, rien à dire, avec ça on remplit une brouette en un tournemain, et sans tour de reins. Les deux merveilles ne dépassent pas 30 € pièce en jardinerie.

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Le compost maison version « nac » au secours de la planète!

Samedi 13 octobre, Les jardins d’aujourd’hui, présentaient  au jardin botanique de La Bastide, à Bordeaux, un tout nouveau procédé de compostage qui permet de réduire des 3/4 le volume de la poubelle « déchets ménagers » , et tous les vieux papiers, journeaux cartons. Une aubaine, à l’heure où la facture des impôts locaux arrive dans les boites aux lettres, alourdie par le coût de plus en plus insupportable de l’élimination des déchets.

Mieux, la méthode permet de produire du compost-maison, à la maison, voire à la cuisine, mettant à la portée des citadins une technique habituellement réservée aux jardiniers de « pleine terre ».

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Le « kit compost » mis au point par Les jardins d’aujourd’hui.

Acteurs de cette prouesse: les lombrics. Non pas les gros affreux du « lombricompost » des années baba, non, un petit modèle indigène, svelte et discret qui dans la nature vit sous les feuilles mortes.

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Les lombrics vivent cachés sous les déchets, ici du papier et des restes de cuisine.

L’astuce réside dans la méthode: cachés au fond d’un tiroir, style boite à rangement, les lombrics s’activent à transformer papiers, cartons et restes de cuisine, en un compost noir, grumeleux qui sent bon la forêt, en l’espace d’environ un mois.

Sans bruit, sans odeurs, sans histoires. Jean-Paul et Emeric, qui ont mis au point la méthode, affirment, après un an d’essais multiples, qu’une poignée de ces lombrics magiques permet de transformer les déchets ménagers d’une petite famille ( deux adultes, un enfant) en 15 kg de compost par an.

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Le « lombricompost », noir, grumeleux, embaumant la forêt

Juste ce qu’il faut pour entretenir une compagnie de plantes sur un balcon… Sur place, et sans nuisances. Une affaire pour les citadins en quête de bon terreau. Denrée un brin problématique à trouver et à convoyer vers leurs plantes en pots!

Seule contrainte : apprendre le mode d’emploi de ces animaux de compagnie nouveau style. Les jardiniers d’aujourd’hui ont prévu un  suivi : assistance téléphonique et surtout, d’épatantes « esenia parties » (esenia est le nom savant de ce lombric de course) mensuelles au cours desquelles on échange, on pose toutes les questions, et on s’initie à l’affaire dans la bonne humeur.

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(Emeric, avec Ludovic, adepte du compost au bureau – base: papier et café!)

Deux questions taraudent le néophyte :

– Est-ce qu’on ne risque pas de se retrouver un beau matin, face à une poignée de lombrics en goguette sur le carrelage de la cuisine? Avec le système « Jardins d’aujourd’hui », non. L’espèce élue est des plus sédentaires, elle préfère vivre cachée au fond de sa boite, sous un bon tas de papier et de détritus.

-Peut-on partir en vacances? Pas de souci! soit la compagnie se met en hibernation et au régime , soit on l’emporte avec soi, à l’instar du président des Jardins d’aujourd’hui, Jean-Paul Collaert, qui transporte une caissette de lombricompost dans le coffre de sa voiture depuis un an et demi.
Les jardiniers d’aujourd’hui  organisent chaque mois des « esenia parties »  à Bordeaux, au cours desquelles ils offrent à tous ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure, un kit de démarrage avec mode d’emploi complet, assorti d’un service après-vente sur mesure… Sauf qu’en l’occurence c’est gratuit! A charge pour les heureux pionniers du compost citadin, de partager à leur tour leur expérience, comme le fait Ludovic, que vous pouvez admirer sur les photos ci-jointes en compagnie d’Emeric, le chef champion du lombric, présentant une version bureau de ce procédé décidément révolutionnaire!

Les communes dont le budget « déchets » pèse de plus en plus lourd (il a doublé en 10 ans et on parie que ce n’est pas fini ) et qui se heurtent à d’épineux conflits sur l’incinération des déchets ménagers, devraient apprécier ce procédé naturel et sans histoires (aucun danger que les lombrics ne s’en aillent baguenauder en dehors de leur boite), renouvelable à discrétion (il suffit juste de modifier le mode d’élevage pour multiplier autant qu’on veut ces nouvelles petites ménagères de la planète!). Bref, une vraie bonne idée pour la planète.

Toutes les infos au : 05 47 29 66 38 ou par mail à : ajardinsda@numericable.fr

tomates, piments, aubergines: tous aux abris !

Le mildiou a été terrible, les viroses déchaînées, mais les jardiniers les plus tenaces ont réussi à sauver une partie de leur récolte. Maintenant ce sont les températures nocturnes qui dégringolent, assorties d’une rosée abondante qui va tuer net tous ces fruits enfin en train de mûrir, car le mildiou se déchaîne avec l’humidité et le froid!

Pour prolonger les récoltes, il faut les protéger soit sous un tunnel en voile intissé (haricots verts, tomates en ligne) , soit sous des housses individuelles (tomates, poivrons, aubergines) qui se sont montrées très efficaces au printemps. Seul hic, toutes faites ces housses sont hyper fragiles et celles du printemps se sont déchirées lors de leur réinstallantation début septembre. A croire qu’on prend parfois le jardinier pour un blaireau..

housses de blaireau

Car habituellement ce voile dit « de forçage », qu’on achète au mètre ou au coupon en jardinerie, dure facilement 5 ans! En fait il existe en plusieurs qualités, et celui qui présente une apparence grossière, avec de gros pores bien visibles ne vaut rien.

La solution: acheter du voile au mètre, en découper des portions de 1,50 m de large, puis les fermer, en tubes ouverts en les piquant à la machine avec une couture bien arrêtée en haut et en bas. Ou bien, mieux encore, se faire copain avec un pépiniériste qui vous échangera du P17, c’est le nom exquis du voile de qualité, contre une tarte aux pommes.

Si vous n’avez aucun goût pour la machine à coudre, fixez des arceaux en gros fil de fer (jardineries types Gamm vert) sur les piquets de tomates avec des ficelles réunissant les deux jambes des arceaux en bas, et un crampillon en haut, déployez la bâche et assujetissez-la en place avec des épingles à linge.

Entre Ostende et Brugges, une pépinière roseraie éblouissante

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Créateurs de roses muscates, des buissons en fleurs jusqu’aux gelées, surchargés de bouquets parfumés, Anne et Rudy Velle, rosiéristes près d’Ostende, en Belgique, sont également paysagistes. Ils ont aménagé une roseraie magnifique autour de leur pépinière dans le style classique flamand: gazon-moquette et cadres en buis impeccablement taillés.

Leurs rosiers ont la particularité d’être sains, bien habillés des pieds à la tête, et parfumés de cette suave senteur typique des roses muscates (Rosa moschata) et multiflores (R.multiflora), deux espèces qu’ils marient souvent pour créer d’adorables nouveautés, à l’instar de leur mentor, le célèbre Louis Lens, illustre rosiériste dont ils ont pris la suite et gardé l’enseigne.

Louis Lens, poétique et attachant créateur avait également crée un petit lignage de rosiers nés de la fabuleuse Rosa chinensis mutabilis aux corolles chatoyantes, versicolores (de beige à pourpre, d’orange à grenat) vigoureux, sans parfum, mais très appropriés aux sols caillouteux et maigres.

La roseraie fourmille d’idées d’aménagement astucieux. Une collection inouïe de rosiers botaniques et anciens complète ces buissons pour jardinier paresseux, mais très fleuri.

Roseraie Lens, Anne et Rudy Velle, Redinestraat 11, 8460 Oudenburg, tél (depuis la France 00 32) 59 26 78 30, catalogue en français. Pour voir tte la collection : http://www.lens-roses.be

jardinier vacancier

chat arrose

Astuces pour partir en vacances d’un pas léger

Partir le coeur léger, ça va.

Retrouver un paillasson hirsute, peuplé de monstres (le rayon courgettes s’est déchaîné) au retour, ça gâche un peu les retrouvailles. Pour éviter ce petit choc psychologique plusieurs possibilités :

-Trouver un garde-jardin sympa, par exemple un copain d’une autre région qui sera emballé à l’idée de voir un peu comment ça se passe chez vous et repartira avec un souvenir ébloui de la manière dont vous taillez les tomates, gouvernez le chrysanthème et pilotez le poulailler. C’est moins répandu que l’échange de maisons, mais voilà une formule de vacances qui pourrait réjouir bien des jardiniers curieux mais fauchés.

Bémol : gare au jardin hypercompliqué style english avec mixed borders à gogo, potager autarcique à l’ancienne, arrosage intégré d’un gazon moquette et autres aménagements à problèmes.

Autre possibilité : préparer son affaire avant de partir, et par la même occasion s’initier à un mode de pilotage léger, qui pour ma part fait mon bonheur depuis une quinzaine d’années.

on paille tout, de préférence après une bonne pluie (sinon on arrose, mais à bloc, genre 10l/m2) avec 10cm de paille, fougère, ana de lin, gazon, ortie (pas montée en graine)…

on place tous les pots dans des cache-pots de 10 cm plus larges que les pots, en garnissant l’intervalle avec de la tourbe, qu’on arrose à bloc (effet éponge optimum), et on couvre la surface du pot avec du gravier, de jolis cailloux, des galets. Vous avez remarqué: sous le gravier, c’est toujours frais.

au potager, le plus sympa est d’inviter un voisin, un copain à venir récolter tout ce qui va être bon à récolter pendant votre absence. Si personne n’est motivé par le programme « 5 légumes et fruits par jour gratos », cueillez un maximum de fruits, même minuscules: fraises vertes, courgettes grosses comme le petit doigt, concombres et melons gros comme un pois, histoire que les plantes ne s’épuisent pas à produire des monstres qui auront pour effet de les épuiser et de stopper net les récoltes à votre retour. On n’élimine pas tout : tomates, poivrons, aubergines, haricots gros comme des aiguilles continueront leur course tranquilement grâce au paillage qui leur tient le pied au frais.

penser à pailler à bloc les arbres, arbustes, rosiers installés cet hiver: gros arrosage, plus carton (débarrassé de son scotch, étiquettes plastiques etc.) plus 10 cm de gazon ou autre. Cette couverture au look de gros feutre gris sera digérée en l’espace d’un an, générant un humus dopant pour le petit nouveau qui va démarrer en flèche.

les jardiniers super prévoyants cueillent un max de fleurs – et en profitent pour faire une grande distrib de bouquets épatants- ce qui aura pour effet de relancer les floraison à votre retour

bon c’est un peu de boulot, c’est un peu à rebours des habitudes (cueillir des courgettes si mimi…) mais c’est aussi l’occasion de changer un brin : les bébés légumes sautés en brouillade express (deux oeufs, de la crème, un brin d’estragon dans une petite cocotte pour deux) ça réjouit les papilles, excellent prélude aux vacances non?

voir les chroniques de Patricia Beucher sur RTL

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