Archives du mot-clé Buxus

BUIS, la solution Isothérapie

Une épidémie fulgurante ravage le jardin à la Française et le buis-boule mignon de balcon. Les premiers symptômes apparaissent en mars-avril avec le reveil des pyrales, bientôt rejointes par d’autres calamités en une conjuration qui décime les buis durant toute la belle saison.

En 2015 sa progression a été spectaculaire et désormais tous les buis sont menacés. Mais, à Viven, près de Pau, Jeanne Emma Graciet, créatrice d’un parc splendide teste  l’isothérapie, une formule très prometteuse.

buis hs pbeucher (1)

Buis ravagés par la conjuration de la pyrale et d’un trio            de champignons.


Il arrive que les buis réduits en fantômettes de dentelle gris cendré aient finalement assez belle allure mais en général leur propriétaire plonge dans le cafard. Surtout s’il a du goût pour la topiaire, version broderie à la française, car les solutions habituellement préconisées sont inefficaces.

chateau de viven potager mai 2012 6 mois après sa construction pbeucherViven (64450) le potager encadré de buis-fuseaux.

 

 

 

L’isothérapie, homéopathie des plantes

Pharmacienne es homéopathie, Mme Graciet a tenté un traitement homéopathique de ses premiers buis malades en 2012. Avec des résultats fort encourageants. Comme cette collectionneuse de buis, créatrice d’un Jardin remarquable cultive aussi l’amitié et le partage des savoirs, en janvier 2016,  elle a organisé une journée d’initiation à la fabrication du traitement dont  on peut constater les effet: les bordures ont toutes belle allure, même si une douzaine de papillons piégés attestent que tout danger n’est pas écarté: la pyrale est encore là.

L’isothérapie est une technique connue des biodynamistes qui la pratiquent en particulier en arboriculture, sous forme de pulvérisations de cendres des ennemis en ligne de mire. Sans publicité en général, car primo pulvériser du raton ou de la limace calcinée fait rigoler les voisins, et surtout, dans le contexte très tâtillon de l’administration française en matière de traitements non homologués par les magnats de la chimie, les professionnels qui utilisent ces techniques s’en vantent rarement, même si elles sont efficaces.

Avec les buis, l’enjeu est tel (des centaines de milliers de touristes visitent les grands jardins à la Française chaque année), que l’INRA s’intéresse à cette expérience grandeur nature.

La méthode de Jeanne Emma Graciet est plus orthodoxe, puisqu’elle se base sur la fabrication d’une teinture mère à partir des éléments végétaux malades  et- ou- parasités, broyés puis dilués dans l’alcool, selon la méthode hannemanienne, par centésimales successives dites CH.

D’après les observations en cours à Viven, il semblerait que la formule la plus efficace soit la  pulvérisation de 10% d’une combinaison  des dilutions de 6 et 9 CH dans de l’eau de pluie. Tous les 15 jours, dès l’apparition des premiers symptômes avril et jusqu’à l’arrivée des gelées. D’après les essais menés à Viven, les buis se portent mieux après 3 pulvérisations seulement, mais la prudence recommande de poursuivre la surveillance toute l’année, à la loupe, au moins une fois par mois.

On notera avec plaisir, que ce remède maison est à la portée de n’importe quel jardinier méthodique, car on peut utiliser de l’alcool pour conserver les fruits à cet usage, l’alcool à 90° non dénaturé étant quasi introuvable.

Mme Graciet envisage de nouvelles journées d’initiation à l’isothérapie. Pour y participer on peut la contacter via son site. Elle tient aussi un blog « Vigi pyrale64 » que l’on peut consulter pour bien identifier, non seulement la pyrale, mais toutes les calamités susceptibles d’endommager les buis.

Buis de bordure, attention!

Les buis de bordure, planté très serré,  surtout entourant des massifs fleuris trop arrosés à leur goût, sont les plus vulnérables. Au duo infernal papillonesque et champignonesque s’ajoutent souvent cochenilles et acariens qui pullulent dans les plants très touffus.

Il est prudent de les examiner de près une fois par semaine, avec une loupe, pour repérer les branches qui flanchent et identifier le malaise. Les douches font très bien fuir les acariens: une pulvérisation à l’eau de pluie à l’intérieur des buissons suffit souvent à les remettre en forme.

Quant aux cochenilles, elles  ne résistent pas à une cure isothérapique, bien plus efficace que le traitement au savon additionné d’alcool à brûler, trop décapant pour le buis, qui a besoin de garder un feuillage bien vernissé en ces temps où la pyrale justement le décape.

Les spécialistes s’accordent pour trouver les souches anciennes, et le buis à grosses feuilles moins sensibles  que les buis en provenance d’Italie ou de Hollande, gavés et poussés à bloc. Toutefois, on observe des buis sauvages endommagés dans le Midi et dans les Pyrénées.

Observer plutôt que paniquer

Cependant, toutes les défaillances moches ne demandent pas forcément le déclenchement d’une contre attaque d’urgence: les buis blonds cultivés en plein soleil roussissent et blanchissent régulièrement, et l’on n’y peut rien. Sauf les transplanter dans un coin plus ombragé.  En automne, car au printemps, même irrigués ils succombent souvent à la sécheresse. En outre, dès qu’ils dépassent  60 cm de diamètre, il faut une minipelle  pour les transplanter, car ils tiennent serré leurs petites racines en grosse motte super lourde, super compacte, de volume égal à leur ramure. Les buis transplantés à l’automne demandent de copieux arrosages jusqu’à l’apparition de jeunes pousses indiquant que la reprise est en route, et encore, en cas de sécheresse de plus de 15 jours à la belle saison. L’année suivant la plantation, on les laissera se débrouiller.

Symptômes et remèdes

buismalades pbeucher (4)Pour ne pas en arriver à ce stade grave, attention!

1 Le feuillage comporte des feuilles collées par une espèce de petite toile (en particulier en hiver). Si l’on ne fait rien, à partir de mars, il est décapé en surface, puis apparaissent à partir de mai une foule de chenillettes à l’intérieur du buisson.

  • La cause: la pyrale Cydalima perspectalis. Entrée par l’Alsace vers 2008, elle a envahi tout le pays en 2015.
  • Pour la répérer : entretenir en permanence, des pièges entonnoirs garnis d’une cuillerée à soupe de liquide vaisselle pour 1l d’eau. Il faut  traiter les chenilles dans la quinzaine qui suit le piégeage des papillons. Faute de quoi, la dernière génération hiberne entre deux feuilles collées-tissées. 
  • Pour soigner les buis : l’isothérapie à partir d’un broyat de feuilles attaquées, abondamment pulvérisée marche bien. Mais attention, il faut pulvériser abondamment, notamment l’intérieur des buissons où se cachent les larves, les buis doivent ruisseler.
  • La solution  couramment préconisée à base d’anti-chenilles Bacillus thuringensis a deux défauts : elle détruit toutes les chenilles, c’est à dire les larves de tous les insectes y compris donc les utiles pour le jardinier et surtout pour la biodiversité même! et de toutes façons  la variante dite «  Bt Kurstaki » préconisée est introuvable.

  • 2 Le feuillage taché de roux, puis de gris vire au beige, sans trace de morsure.

    • La cause: les champignons Cylindrocladium buxicola ou (et) Volubella buxi.
    • Pour soigner les buis : là aussi l’isothérapie donne des résultats très encourageants. La solution préconisée par la Société européenne du buis et du topiaire (EBTS) consistant à supprimer les rameaux pour éclaircir la ramure de manière à faciliter la repousse, n’est pas suffisante, il faut soigner la cause du dépérissement. On ne taillera qu’après la repousse bien avérée de rameaux bien vifs, et sans pousser la croissance en dopant les buissons avec des arrosages à l’engrais!
    • Je vous invite à visiter le parc de Viven, c’est un endroit splendide et vous pourrez constater les bons effets de la patience du jardinier, quand le coup d’oeil et la main s’accordent avec l’intelligence! Durant toute la belle saison, spectacles et concerts se déroulent dans un théatre de verdure…en buis, non loin de la roseraie et d’un potager vivrier en grande forme. 
Publicités