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LA PERMACULTURE SANS COURBATURES 4: Préparatifs, on change tout!

De février à avril, c’est la saison idéale pour convertir un terrain à la permaculture version relax. C’est à dire: un maximum d’effet pour un minimum d’effort. Un maximum de vie, dans un minimum d’espace. Un maximum de durée (ça s’équilibre, ça vit sa vie), pour un minimum de boulot.

1 Démarrer à zéro

Si le sol est envahi d’herbes vivaces et tenaces comme le liseron, l’ortie, le chiendent, l’oseille, la phase ameublissement par bêchage et désherbage est difficile à éviter. Si vous avez des poules, invitez-les à se gaver de chenilles, car c’est aussi la période où l’on trouve quantité de larves de hannetons, de tipules, de vers fil de fer endormis juste sous la surface du sol. Très riches en protéines, ces compléments alimentaires dopent la ponte et vous aurez votre oeuf du jour tous les jours en remerciement.

poules-au-potager09pbeucherLes mottes d’herbe sont jetées dans la brouette sitôt arrachées. Les poules s’occupent des finitions: affiner le guéret, boulotter les insectes.

2 Que faire des pierres?

A priori les pierres n’empêchent pas les plantes de pousser, et si le sol est argileux, elles contribuent à le drainer. Mais les carottes, panais ou autres légumes racines, deviennent fourchus, donc malingres, dans un sol pierreux. Et dès qu’on abandonne la grelinette pour une fourche aux dents plus étroites, les pierres se coincent dedans, et là, c’est franchement galère. Donc, ici, j’ai choisi de jeter toutes les pierres dans un sillon de 10 cm de côté, en bord de plate-bande, et en guise de soubassement à une poutre servant à séparer la plate-bande de l’allée. A priori c’était une bonne idée, le bois pourrit moins vite grâce aux pierres l’isolant de l’humidité. En réalité, ce fut une autre affaire!

3 Encadrer les plates-bandes nécessaire ou fastidieux?

Pour simplifier l’entretien des allées, on y laisse l’herbe déjà présente et on la tond. Premier conseil: prévoir sa largeur en fonction de celle d’une tondeuse ordinaire, soit 80 cm correspondant à deux passages se chevauchant au centre pour un effet moquette impec. Si comme ici le bois encadrant les cultures se trouve plus haut que l’allée, l’herbe en profite pour s’encastrer solidement dans cet espace où elle poussera tranquille.

Deuxième conseil : oui au cadre, mais à condition:  1 de le choisir plat, 2, de le poser pile au même niveau que l’allée. Dans ce cas, on fait rouler la tondeuse sur le cadre, et on obtient un effet magique immédiat ! Car dès que les bords de l’allée sont rasés net le plus pagailleux des jardins devient magnifique. Et, naturellement les tontes de gazon servent aussitôt à pailler les cultures, tapisser les sentiers ou les buttes.

 

 

 

 

 

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ARROSER EFFICACE

arroser-minuté-pbeucher--(5 1Arroser copieusement, permet d’arroser moins souvent.

Une dose de 10l par plant de tomate, courgette, concombre, poivron, chou, aubergine ou par mètre de semis de haricot.

2 Pailler copieusement avec des tontes de gazon fraîches, direct du bac de la tondeuse, entretient un sol frais, fertile et sans herbe!

Chaque arrosage est à compléter d’un paillis plus ou moins copieux avec ces tontes de gazon qui font enrager le jardinier, produit ce miracle: la réduction considérable de la corvée d’arrosage.

Ainsi, tous ces légumes très assoiffés peuvent marcher à merveille avec ce régime : un arrosage à la plantation ou au semis, puis ensuite, 15 jours après, et ensuite, pour tout l’été, une fois par mois.

Mais attention, toujours copieux l’arrosage, et en prenant son temps. Pour que la terre absorbe parfaitement sa dose, on écarte le paillis, on fait un premier passage au tuyau, sans embout, puis au second, on minute. Ici, les tomates sous tunnel sont arrosées avec un tuyau branché sur une réserve de 500l d’eau. Pour calculer le temps nécessaire à l’écoulement des 10 l requis, on minute le remplissage d’un arrosoir.

L’arrosage terminé, le paillis est remis en place, voire complété par une nouvelle dose de gazon frais, versé direct du bac de la tondeuse. Vous avez lu partout qu’il faut le faire sécher, c’est faux, fraîchement coupé, il forme une petite moquette carapace parfaite pour entretenir la fertilité et la fraîcheur du sol, alors, pourquoi s’embêter!

Halte aux déchets verts!

Les déchetteries débordent de tontes de haies et autres gazons, dopés par un été pluvieux. Voilà qui pèse lourd sur nos taxes locales La solution  du bio jardinier paresseux: c’est paillage tous azimuts! C’est  extra pour le jardin, reposant pour le jardinier (plus de voyage à la déchetterie, plus de binages répétés!) et c’est la seule solution pour diminuer la grosse facture « déchets », qui ne cesse de grimper, grimper, grimper…bêtement.

Tontes de haie : une manne!

C’est le souci numéro un du jardinier citadin:

Solution la plus relax : les étaler en couche de 10 cm autour des arbustes et laisser faire la nature. Quand les feuilles sont tombées, le bois restant est extra pour allumer le feu, voire nourrir un petit barbec’ réconfortant.  Là encore, voilà un paillage extra stimulant. Mais attention, seulement avec les feuillus. Le thuya, le cyprès et ses copains « sapins » stérilisent le sol au lieu de l’enrichir.

La solution : en tapisser les allées. Mais, tel quel, c’est moche et, même en tapis de 5cm, pas super confort sous le pied délicat du jardinier. D’où la nouvelle mode du rameau broyé.

Broyat de lauriers et d’éléagnus, au printemps.

Le broyage sublime les vertus des jeunes rameaux. Problème : le broyeur de jardin est généralement médiocre, voire franchement déficient. Il est fréquent qu’il succombe à l’approche du premier petit rameau un peu sec.

Les communes soucieuses de leur finances, comme d’écologie, devraient investir dans des broyeurs professionnels et proposer ce service à domicile, qui aurait en outre l’avantage de créer des emplois locaux et ainsi de rendre un triple service à leur concitoyens. Car, une fois broyées les tontes de haies sont un paillage miraculeux pour le jardin :  celles de conifères ont un épatant effet désherbant dans les allées, celles de feuillus, un épatant effet fertilisant pour les cultures.

Si votre commune n’a pas encore voté cet investissement prometteur, louez un broyeur de pro, en vous associant avec vos voisins car la bête vous dévore 10 m3 à l’heure, et tapissez tout votre terrain avec cette manne! Vous verrez, c’est miraculeux: les sols les plus misérables se régénèrent à vue d’oeil…grâce aux micro organismes qui travaillent pour vous!

Tontes de gazon: géniales en paillage, nulles en compost!

Les plus écolos grognent «  le gazon, dans le compost, c’est nul ». C’est vrai!

Réussir à les composter est un tour de force réservé aux (rares!) superdoués qui ont saisi les subtilités du mélange ad-hoc, et du goût pour les brassages répétés dans les règles de l’art,  car jetées en vrac sur le tas, ça fermente, ça pourrit gluant, ça attire des nuées de moucherons, bref, c’est l’horreur!

La vraie solution : en tapisser tous les endroits cultivés du jardin.

Il n’y a rien de tel pour faire démarrer des arbustes en flèche, sauver un semis de laitue de la déroute d’un été sec et vacancier. Vous l’avez d’ailleurs maintes fois observé, en saisissant la binette pour la énième fois : la nature a horreur du vide, et toute parcelle de terre nue est vite envahie de « mauvaises herbes ».

C’est à dire des plantes du pays, super contentes de profiter de ce terrain si bien préparé. A l’heure où j’écris ces lignes, toutt mon jardin est tapissé de 5 à 10 cm de  tontes de gazon. 5 cm d’épaisseur, autour des petites plantes (salades jeunettes, petits choux, semis d’épinards d’automne, petites vivaces…) 10 cm autour des arbustes, rosiers, arbres fruitiers de moins de 5 ans. Si on gratte ce feutre grossier, on trouve un terrain noir, meuble, frais et propre.

Adieu binette, adieu grelinette: le bio paresseux gratouille le tapis pour semer ou planter !

Pour semer la mâche, les épinards, planter une pivoine ou  un rang de laitues d’hiver, d’actualité en septembre, il suffit d’écarter le gazon, et c’est parti! Zéro binage, zéro béchage, zéro voyage à la déchetterie. Bref, le minimum d’effort,  le maximum de réconfort.